Quand un VPS ou un serveur de jeu semble manquer de mémoire, la première étape consiste à mesurer la situation avant de modifier la configuration. La commande free affiche la mémoire RAM, la mémoire disponible, le cache et le swap dans un format lisible. Ce guide explique comment l’utiliser et comment éviter l’erreur classique qui consiste à considérer tout le cache comme de la mémoire perdue.
Vous cherchez un environnement Linux pour héberger vos services ou votre serveur de jeu ?
Découvrir les VPS LinuxÀ quoi sert la commande free ?
free lit les informations de mémoire exposées par le noyau Linux et les présente avec plusieurs colonnes. Elle permet de comparer la mémoire totale, la mémoire utilisée, la mémoire libre, la mémoire disponible et le swap. Elle ne remplace pas une analyse processus par processus, mais elle donne un état immédiat du serveur.
Sur un serveur FiveM, Minecraft, Pterodactyl ou sur un VPS qui héberge une application web, cette mesure aide à distinguer une saturation réelle d’un simple cache normal du système. Dans une infrastructure de cloud, un serveur virtuel privé peut partager les ressources physiques d’un nœud de virtualisation avec d’autres machines, tandis que la mémoire attribuée à votre instance reste la limite à surveiller.
La commande de base
free -h
L’option -h affiche les valeurs dans des unités lisibles comme MiB ou GiB. Sans cette option, les valeurs sont généralement affichées en kibioctets, ce qui rend la lecture moins pratique. Pour obtenir une sortie répétée, utilisez l’option -s avec un intervalle en secondes :
free -h -s 2
La commande rafraîchit alors l’affichage toutes les deux secondes. Arrêtez le suivi avec Ctrl+C.
Comment lire la sortie de free
La ligne Mem concerne la RAM. La colonne total indique la mémoire reconnue, free la mémoire immédiatement inutilisée et available une estimation de la mémoire encore disponible pour lancer de nouveaux programmes sans utiliser le swap.
La colonne used doit être interprétée avec les autres colonnes. Linux utilise volontairement de la RAM libre pour le cache des fichiers. Ce cache peut être récupéré lorsque des applications en ont besoin. Une faible valeur free ne suffit donc pas à conclure à une panne de mémoire.
La ligne Swap indique la taille du swap, son utilisation et l’espace restant. Un swap utilisé n’est pas automatiquement une urgence, mais une utilisation élevée accompagnée d’une mémoire available faible peut signaler une pression mémoire ou un dimensionnement insuffisant.
Choisir les unités et la précision
free -m
free -g
free -b
-m affiche les valeurs en mébioctets, -g en gibioctets et -b en octets. Pour comparer deux relevés, conservez la même option. Les unités binaires évitent aussi de mélanger des valeurs en gigaoctets décimaux avec des gibioctets.
Interpréter la mémoire d’un serveur de jeu
Commencez par relever la sortie avant et après le démarrage du service. Notez surtout available, l’utilisation du swap et l’évolution dans le temps. Une consommation qui augmente continuellement mérite une recherche complémentaire. Une valeur stable après le chargement du monde ou des ressources peut être normale.
Pour identifier les programmes qui consomment la RAM, complétez free avec top ou ps. Ne tuez pas un processus uniquement parce qu’il apparaît en tête : vérifiez son service, son propriétaire et ses journaux avant toute action.
ps -eo pid,user,%mem,rss,comm --sort=-%mem | head
Sur Pterodactyl, comparez également la mémoire observée sur l’hôte avec la limite définie pour le serveur. Une limite applicative et la RAM disponible sur le VPS sont deux mesures différentes.
Relier la mémoire aux autres ressources
La RAM n’est qu’un indicateur de l’état d’un serveur virtuel. Une application peut aussi attendre sur le stockage SSD, le réseau, le processeur ou une base de données. Un serveur web avec plusieurs workers, un panel d’administration, un serveur de jeu et une tâche de sauvegarde peuvent consommer la mémoire à des moments différents.
Lors d’un diagnostic à distance, vérifiez que l’accès SSH et l’accès root restent disponibles, puis contrôlez les journaux du service. Un firewall ou une adresse IP n’expliquent pas directement une valeur basse dans available, mais ils peuvent compliquer l’observation et la remise en service. Conservez une sauvegarde récente avant une modification importante.
Dimensionner un hébergement Linux
Un VPS Linux sous Debian, Ubuntu ou CentOS n’a pas le même profil qu’un serveur physique dédié. Une machine virtuelle peut héberger un serveur web Apache, une base de données MySQL, un panel et des tâches planifiées sur la même enveloppe de RAM. La mémoire disponible doit donc être observée pendant les pics, pas uniquement juste après le démarrage.
Pour une activité web, ajoutez au relevé mémoire les besoins du DNS, du nom de domaine, de la bande passante et des sauvegardes. Pour un serveur de jeu, surveillez plutôt le processus du jeu, les extensions et les temps de réponse. L’objectif n’est pas de remplir la RAM, mais de garder une marge opérationnelle adaptée au service.
Si les besoins sont durables, comparez un serveur virtuel supplémentaire, un hébergement cloud ou un serveur dédié. La haute disponibilité, les machines virtuelles et un panneau de contrôle peuvent modifier la répartition des ressources, mais aucun de ces éléments ne remplace la mesure réelle sur le système concerné.
Erreurs fréquentes à éviter
- conclure à une saturation parce que
freeest faible ; - confondre mémoire utilisée et mémoire définitivement occupée, sans regarder
available; - augmenter le swap sans rechercher un processus qui consomme anormalement ;
- comparer des sorties prises avec des unités différentes ;
- redémarrer un serveur de jeu sans sauvegarder les données et vérifier les journaux.
Plan d’action en cas de mémoire disponible faible
- Exécutez
free -hplusieurs fois pour confirmer la tendance. - Identifiez les processus les plus consommateurs avec
topoups. - Consultez les journaux du service concerné et vérifiez ses limites de mémoire.
- Réduisez ou corrigez la charge avant d’ajouter des ressources.
- Si le besoin est durable, comparez un VPS avec davantage de RAM ou un serveur dédié.
Le swap peut limiter le risque d’un arrêt brutal, mais il ne transforme pas un stockage en RAM rapide. Sur un service sensible à la latence, comme un serveur de jeu, surveillez les temps de réponse en parallèle de la mémoire.
Poursuivre le diagnostic
Après la mesure mémoire, vous pouvez approfondir le diagnostic avec notre guide sur la surcharge CPU, notre guide pour configurer le swap d’un VPS et notre méthode pour surveiller l’espace disque. Si votre serveur rencontre aussi des erreurs réseau, consultez le diagnostic d’un VPS inaccessible ou la vérification d’un port TCP avec nc.
Pour un hébergement Linux stable, consultez également les serveurs dédiés adaptés aux charges qui dépassent durablement les capacités d’un petit VPS.
Sources factuelles consultées pour la rédaction : page de manuel Linux free(1) et documentation du noyau Linux sur l’interface /proc. Le registre de la PR précisera les références et les points vérifiés.